L’impuissance engendrée

Le terme d’impuissance recouvre de nombreuses définitions dans l’univers de la sexologie ainsi que dans celui d’autres champs thérapeutiques ou philosophiques. Celles-ci sont toutes évocatrices de ce qui se vit dans l’intimité en solo, en couple ou en groupe quand « ça » ne vient plus, quand « ça » ne vient pas ou bien quand « ça » ne dure pas. Ce mot, même si dans les habitudes langagières vise les hommes, ne peut pas être genré.

Les femmes comme les hommes (les « no-genre » aussi) peuvent vivre cette impression, cette situation, d’une manière primaire, difficilement identifiable : le trouble est transmis durant l’enfance par la famille et les mémoires familiales non conscientes.

Et/ou d’une manière secondaire, faisant suite à…face à…plus facilement repérable : c’est à dire ponctuelle (accident, divorce, deuil, opération chirurgicale…), traumatique (accident vital, agression, burn-out – sentiment d’épuisement professionnel ou personnel -, abus…) ou chronique (pathologie, iatrogénie – induit par le médical et les médicaments , maltraitances, mobbing – harcèlement professionnel…). Leurs corps respectifs racontant le vécu au travers de symptômes spécifiques.

Définition académique non genrée : Impuissance signifie manque de puissance, de présence, inefficacité, faiblesse, incapacité pour faire quelque chose ou être quelqu’un…à dépasser un obstacle vu comme infranchissable, ou encore l’incapacité à avoir, obtenir ou maintenir une érection (pour notre sujet).

Ainsi, dés lors qu’on ne peut pas avancer, faire, être, changer, accepter…avoir une érection, avoir du désir, il y a sentiment d’impuissance. Ce sentiment est soit pré-installé en nous d’une manière transgénérationnelle et/ou soit se développe au cours de notre histoire mentale, somatique, émotionnelle, sexuelle autant qu’évènementielle. La symbolisation de ce sentiment, de cette impression dans le quotidien va s’effectuer via l’esprit, les émotions, et le corps. Diverses manifestations (symptômes) chez l’être concerné vont lui dire et raconter voire hurler aux autres l’impuissance.

Les manifestations dans la sphère amoureuse et sexuelle

Bien évidemment la manifestation la plus médiatisée est la dysérection, la panne masculine ! Qui a son pendant féminin dans une absence d’érection du clitoris et des tissus vaginaux ainsi que de la vulve.

Cela est dû aux stress qui physiologiquement entravent la circulation sanguine dans les tissus érectiles.

Mais elle s’exprime aussi dans l’absence de désir, de plaisir, d’accès à l’orgasme, dans une forme de désamour pour l’autre ou pour soi-même.

Parce que l’attention est ailleurs. L’information ne circule pas ou plus entre le système nerveux central, l’être et son corps.

Troubles organiques

Un tout petit pourcentage des impuissances est accidentel ou chirurgical (opération sur le petit bassin) avec altération de certains circuits nerveux.

Un petit pourcentage de difficulté de « puissance » trouve sa source dans certaines pathologies chroniques et leur remèdes allopathiques – iatrogénie – (excès de cholestérol, diabète, troubles cardiaques ou rénaux… Les cancers et leurs chimiothérapies).

Les addictions comme l’alcoolisme ou l’intoxication aux cannabinoïdes altèrent considérablement les capacités sensuelles et sexuelles.

alcoolisme

Quand ce n’est pas organique

La grande majorité des situations se révèlent dans d’autres troubles non médicaux:

  • Relationnel quand cela interroge l’amour, le quotidien avec l’autre, la communication, le désir, une parentalité envahissante ou une divorce…
  • Émotionnel quand cela interpelle l’estime de soi, les mémoires de maltraitances ou d’abus, des agression sexuelles ou un SSPT, un trouble du genre voire la dépression ou le veuvage…
  • Générationnel quand les troubles sont l’écho de transmissions familiales, de vécus de l’enfance avec des apprentissages et des valeurs entravantes, de situations incestuelles, d’inceste…
  • Contextuel quand c’est la société (valeurs socio-culturelles du moment – interdits & lois) et l’environnement (lieu de vie), l’univers socioprofessionnel (travail, formation-école, chômage) ou la religion (croyances et mythes) qui alimentent des freins intérieurs.

Quels soins pour l’impuissance ?

Toutes les situations « organiques » sont accompagnées prioritairement par le médecin avec lequel nous pouvons (sexologues-sexothérapeute-sexoanalyste) travailler en partenariat venant en soutien et en renforcement.

Il s’agira de donner des vasodilatateurs (sauf si il y a un trouble cardiaque), des anxiolytiques si besoin, d’être vigilant à la iatrogénie induite soit par le discours médical (quant aux performances et/ou à la souffrance perçue) soit par le traitement et certaines interactions médicamenteuses qui peuvent inhiber l’érection ou le désir.

Pour les autres situations, les non-organiques, le médecin peut être utile en appui (inversion de places) en donnant un traitement qui rassure ou soulage ponctuellement. Mais la plupart du temps il faudra, pour la personne ou le couple concerné, consulter en sexologie (conseils et informations).

De la sexothérapie peut être envisagée si le couple va bien et peut s’engager dans des ré-apprentissages de la relation à l’autre et à son corps. Pour la personne seule qui a perdu le lien avec sa sensibilité (peau, autres sens, corps, trouble du genre et image de soi) la sexothérapie ne sera peut-être pas l’unique solution. Idem pour le couple qui peut identifier des troubles de la place et donc de la relation.

Ici, la sexoanalyse peut être la solution d’accompagnement thérapeutique dans le sens où elle va aller « fouiner » l’imaginaire érotique, les fantasmes, l’histoire générationnelle et transgénérationnelle pour ce qui concerne mon approche.

couple

SexoAnalyse TransGénérationnelle

En effet, l’enracinement de chacun dans ses mémoires familiales (deux lignées) donne accès à des ressources (nous ferons grâce à elles une forme de résilience assistée) mais aussi à des pesanteurs (mandats, dettes, loyautés, fantômes familiaux) qui peuvent entre-autre se matérialiser par une forme d’impuissance.

Quand bien même contextuellement il serait possible d’identifier, dans l’histoire contemporaine de la personne ou du couple, un évènement ou une situation, une pathologie ou un accident qui explique le souci, s’il se répète et se répète, alors l’histoire de vie avec ses racines ancestrales sont à étudier.

C’est là que l’on trouve par exemple sous l’impuissance de l’un et/ou de l’autre, l’excès de parentalité ou le refus d’enfant, la peur de l’autre ou son rejet (désamour) , le traumatisme (passé), l’impossibilité ou la la peur de l’engagement, la violence, l’animalité, la verticalité blessée…ne plus pouvoir-devoir être droit ou debout…Car cette impuissance se révèle souvent être symbolisée par une expression qui raconte au mieux ce qui fait mal ou ce qui a fait mal, parfois il y a très longtemps bien au-delà de notre génération.

La plupart du temps nous construisons un arbre sur quatre générations et cela éclaire suffisamment le trouble permettant un travail thérapeutique afin que la personne ou le couple se redresse et s’autorise un partage de leur puissance réinventée.

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